Présentation VDP

  1. A.CONTEXTE DÉMOCRATIQUE

 

Le Cameroun est un pays situé en Afrique Centrale avec une population d’environ 20 millions d’habitants repartie sur 475 442 km2. Avec un régime politique de type présidentiel, M. Paul Biya a été déclaré réélu Président de la République en Octobre 2011 pour un nouveau mandat de 7 ans. Après sa suspension au début des années 60, le multipartisme a été réintroduit dans ce pays en 1990 à la suite de mouvements populaires sérieusement réprimés. Ainsi, grâce à une loi pour le moins liberticide, le Cameroun compte aujourd’hui environ 260 partis politiques qui sont loin de représenter autant de courants de pensée et qui impose le questionnement sur la qualité de la démocratie camerounaise.

Depuis le retour du Cameroun au Multipartisme en 1990, le pays a organisé une dizaine de consultations électorales dont les résultats ont été toujours contestés, par une frange importante des acteurs nationaux et internationaux, pour cause de fraudes, source de conflits électoraux plus ou moins violents en fonction des localités. Cette situation a entrainé chez le citoyen une perte progressive de confiance au processus électoral comme mode de dévolution du pouvoir. C’est l’une des raisons principales de la grande apathie électorale et politique que l’on observe aujourd’hui au Cameroun et qui jette le discrédit sur la légitimité des élus. Ce discrédit des élections et des élus a naturellement entrainé la rupture plus ou moins caractérisée entre les élus locaux ou nationaux et les citoyens, compromettant ainsi la gouvernance locale. Or tout ceci aurait pu être évité si tous les acteurs sociaux et politiques dialoguaient suffisamment. Il y a une vraie carence de débat démocratique, de dialogue politique entre les protagonistes de la scène politique à tous les niveaux au Cameroun, éloignant de fait les citoyens des activités politiques.

La participation électorale est devenue plus que faible ces dernières années au Cameroun. Sur une population d’environ 20 millions d’habitants (estimation INS 2010), jamais le nombre d’inscrit sur les listes électorales n’a atteint 4,5 millions. Pour les élections municipales et législatives de juillet et septembre 2007, seulement environ 17% du potentiel électoral a effectivement pris part aux élections partielles du 30 septembre 2007, dans les circonscriptions comme Wouri-Est dans le Littoral (MINATD). Une étude réalisée par le Cabinet Futur’ Afrique en mars 2007 montre que seulement 14% des jeunes âgés entre 20 et 35 ans étaient inscrits sur les listes électorales.

De même, une récente étude de la Fondation Friedrich Ebert réalisée en 2011 montre clairement que près de 60% de jeunes disent que pour résoudre les problèmes auxquels notre pays est confronté, il faut instituer un dialogue social, responsabiliser les jeunes et leur donner du travail[1].

Par ailleurs, alors que les acteurs politiques et sociaux attendaient, après le constat de l’incapacité de l’ONEL et du MINATD (Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation) à organiser des élections crédibles, qu’il soit mis en place un organe véritablement neutre et indépendant de gestion des élections, le Président de la République a plutôt désigné des personnalités, contestées à l’époque du fait de leur identité politique, pour diriger le nouvel organe de gestion des élections qu’est ELECAM (Elections Cameroon). Ce nouvel organe dès sa création ne rassurait pas, dès lors que son processus de création n’avait pas été inclusif ou consensuel malgré les consultations menées par le Premier Ministre à la demande du Chef de l’Etat.

 

Pourtant la volonté politique en matière de dialogue sur les questions électorales semble être réelle. Depuis 2002, le Président de la République a toujours exigé que la société civile et les partis politiques soient consultés dans le processus d’élaboration des lois relatives à la dévolution du pouvoir. Mais hélas, ces consultations ont été toujours biaisées et confisquées par l’administration.

Sur un tout autre plan, il faut signaler que le Cameroun s’est engagé depuis plus de 3 ans dans la mise en œuvre effective de la Décentralisation tel que prévue dans la Constitution de 1996. Cela suppose naturellement un renforcement du pouvoir local et par conséquent une meilleure implication à la base des citoyens dans la gestion des affaires de la Cité. Or, une étude menée par le cabinet Futur’ Afrique Consulting en 2011 montre que plus de 83% de jeunes  ignorent tout du processus de la mise en œuvre de la décentralisation. D’où l’importance, une fois de plus, du dialogue local.

De même, le Cameroun a ratifié la Charte Africaine de la Démocratie, des élections et de la Gouvernance qui est entrée en vigueur en février 2012 et dont l’un des objectifs clés est d’amener les Etats parties à « promouvoir la création des conditions nécessaires pour faciliter la participation des citoyens, la transparence, l’accès à l’information, la liberté de presse et l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques ». Cette ratification, tout en indiquant la volonté politique du Président de la République, appelle le gouvernement à mettre en œuvre un certain nombre de mesures participant à la mise en œuvre de cette Charte.

La question de la stabilité et du progrès démocratique combinée à l’urgente nécessité de paix mérite la conjugaison des efforts aussi bien endogènes qu’exogènes. Endogènes avec l’appropriation du projet «Volontaires pour la démocratie et la Paix» par les citoyens camerounais et les acteurs politiques et Exogènes à travers l’appui des Nations Unies quipermet de comprendre une fois de plus la détermination de la communauté internationale à voir réaliser au Cameroun un processus démocratique crédible.

 

Problèmes à résoudre dans le cadre du programme VDP

Les principaux problèmes que le projet VDP va essayer de résoudre sont :

– L’apathie électorale et politique caractérisée par une très faible participation au processus démocratique.

– La crise de confiance entre les citoyens et les hommes politiques doublée du désintérêt des citoyens aux questions de citoyenneté, de politique et de gouvernance locale et nationale.

– L’absence de dialogue au niveau local et national entre administrés d’une part, élus et autorités administratives d’autre part.

-L’inexistence d’une veille démocratique citoyenne susceptible de compenser le discrédit actuellement jeté sur ELECAM.

 

Objectif principal du programme VDP:

Accroitre la participation citoyenne au processus démocratique à travers la création de pools de volontaires engagés dans le dialogue et la médiation sociale, le suivi de la démocratie et de la gouvernance locale

Objectifs spécifiques du projet

–          Restaurer la confiance dans le processus électoral par l’augmentation des votants et la réduction du contentieux  électoral

–          Favoriser l’instauration du dialogue entre les populations et les gouvernants et élus locaux dans les régions cibles du projet

–          Accroitre  la conscientisation des populations sur les déterminants et l’importance de la participation politique  et de la gouvernance démocratique.

 

Activités prévues

Organisation de l’atelier plurirégional  de formation des formateurs: Il s’agira de renforcer les capacités et de bien outiller les volontaires formateurs sur la thématique du projet. 40 formateurs formés au niveau national.

Organisation des ateliers régionaux de formation: le projet s’appuie sur un système de relais intermédiaires de formation. Il est important, à chaque niveau de la chaîne, de renforcer les compétences des tous les maillons. 40 jeunes volontaires à former dans chaque région, soit au total 240 volontaires.

Organisation des séminaires départementaux et création des COMDEPAX: Il s’agit de développer la culture politique, la maitrise par les populations cibles des enjeux et des fondamentaux de la démocratie, la nécessité de la préservation de la paix et de la médiation sociopolitique. Il s’agit aussi de structurer les volontaires formés en Comités locaux des volontaires pour la démocratie. (ComDEPAX). Environ 900 jeunes volontaires formés et impliqués dans la veille citoyenne.

Installation des ComDEPAX : Il est question ici de donner une visibilité à l’action et lui assurer une certaine médiatisation ; du point de vue des autorités, de donner un signal de l’engagement des citoyens sur leur participation à la gestion de la chose publique et particulièrement au suivi du processus démocratique.

Mise en place des guichets de la démocratie : Ce sont des structures de proximité, outillées pour apporter des réponses précises à ces questions, tout le long du projet et au-delà.

Organisation des dialogues démocratiques : Les dialogues démocratiques sont un mécanisme périodique de discussion pluri acteurs. Il s’agit de rencontres qui seront organisées dans chaque région site du projet.

Production et la diffusion des outils d’information, d’éducation et de communication : Il s’agit des dépliants, affiches, bandes dessinées, autocollants,

Ce dispositif s’appuiera sur un dispositif communicationnel adossé principalement sur le site internet www.cameroundémocratie.org et la plateforme E-Election (www.electiononline.info /www.facebook.com/Cameroundémocratie   / https://twitter.com/electiononline dont le principal but est de renseigner régulièrement sur le processus démocratique, sur les actions des Volontaires et surtout de fournir toute l’information disponible sur les élections au Cameroun. Il permettra aussi d’offrir un cadre pour la sensibilisation et l’assistance en ligne sur les questions de démocratie, Gouvernance et paix.

 

Résultats  globaux attendus

  • Le niveau de confiance envers le processus électoral a augmenté dans les régions cibles ;
  • Le dialogue entre les populations et les gouvernants est établi dans les régions cibles ;
  • Les populations cibles ont pris conscience de l’importance de la participation politique ;
  • La gouvernance locale est améliorée grâce à une réelle implication de la communauté.

 

Groupes cibles et intervenants

–          Les OSC œuvrant dans le domaine de la démocratie et de la gouvernance locale des régions de l’Ouest, du Nord, Littoral, du Nord ouest, de l’Adamaoua et du Centre.

–          Les volontaires indépendants (les femmes, les personnes handicapées, les jeunes) n’étant pas forcement issus des OSC mais intéressés par l’éducation civique et la participation citoyenne

–          Les autorités administratives, les autorités communales et locales, les autorités traditionnelles, religieuses et communautaires.

–          Les responsables des démembrements d’ELECAM.

 

Mise en œuvre

Porteur du projet : Nouveaux Droits de l’Homme Cameroun

BP 4063 Yaoundé / Tél 22 01 12 47

Email : ndhcam@yahoo.fr / www.ndhcam.org

Partenaires de mise en œuvre

–          Solutions Cameroun, Bafoussam

–          All Women Together (AWT), Douala

–          Association pour la Défense des Droits de l’Homme et des Consommateurs du Sahel (DHCS), Garoua.

–          Groupe d’Action pour la Promotion et la Protection des Personnes handicapées (GAPPH)

–          Charmers Media and Communication Consults (CHAMECC)

Partenaire associé : Réseau des Organisations d’Appui à la Démocratie

Partenaire technique et financier :

– L’Organisation des Nations Unies (ONU) à travers le  Fonds des Nations Unies pour la Démocratie (FNUD)

–   République Fédérale d’Allemagne.



[1]  Les jeunes et la politique au Cameroun, FFES, 2011